Votre recherche

Newsletter

Priapées PDF Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 3
MauvaisTrès bien 
Récits erotiques - Romans Erotiques
Écrit par Administrator   
Mercredi, 12 Octobre 2011 12:16

Etais-je tout à fait innocent quand j’improvisai ma prison ? Tout à fait naïf ? Pensais-je vraiment, de bonne foi, que mes pauvres noeuds, mes dérisoires enchevêtrements de lacets et de chaînettes me garderaient loin de la tentation, me sauveraient de l’érection coupable qui me venait à chacune de Ses entrées au confessionnal ? Mon Dieu, Vous connaissez mon âme mieux que moi-même, Vous savez… Pourtant, Vous l’avez vu, quand j’ai ligoté mes bourses de plusieurs tours de cordon, quand j’ai étranglé mon gland d’une double gourmette reliée à des liens de cuir qui m’enserraient les cuisses, je n’éprouvais aucun trouble. La manoeuvre ne m’excitait pas. Elle me rassurait. Ma chair était inerte, sereine après la prière de mâtine, et je me suis employé à la caler dans son bienheureux sommeil comme j’aurais, par précaution, bandé une blessure apparemment conjurée… Oh! Mon Dieu! Pardonnezmoi ce dérapage involontaire et si explicite ! J’ai écrit « bandé » quand j’aurais pu dire « soigné », ou « pansé »… Rien que ce choix-là, mon Dieu, et le doute me poignarde…

Parce que le remède, le pitoyable remède, s’est révélé bien pire que le mal. Et ça, mon Dieu, je Vous conjure de le croire, ça, je ne l’avais pas prévu. Elle s’est assise à l’ombre du grillage qui nous séparait, et, comme d’habitude, a entamé son épouvantable confidence. Je lui ai interdit, à plusieurs reprises, les détails. Mais elle sanglote de ne pas pouvoir exprimer son remords avec des mots justes, des mots violents qui la délivrent, et me crucifient. Alors ce matin, j’étais résigné à tout entendre, et, confiant dans mon stratagème grâce auquel je pensais avoir organisé ma résistance, j’ai fermé les yeux, joint les mains, et écouté.
Mon Dieu! Oh! Mon Dieu! Vous le redire à Vous, si parfait, si étranger à la faiblesse sordide, à la vile compromission des sens ! Et pourtant, c’est Vous qui l’avez dotée de cet appendice qui la torture, dardant d’entre ses lèvres comme un doigt accusateur, un doigt tendu pour la vindicte ou l’inquisition. Et voilà son calvaire : cet arrogant, monstrueux clitoris lui sort des nymphes, lui fait horreur et se rappelle à elle mille fois par jour à force de frottements contre sa lingerie intime.

« C’est irrésistible, pleure-t-elle. Il faut que je le touche comme on pose une main ingénue à l’endroit qui fait mal, sans succès… Au contraire, je l’agace, il grandit encore… Je porte ce truc comme un tison brandi, et je brûle… ».

Pour parvenir à le calmer, à le dissimuler, à le tenir au couvert de ses replis où serait sa place, elle n’a trouvé que ce moyen, Seigneur : une ventouse de verre qui, sans le diminuer, boursoufle tout le reste de sa vulve, et fait de ses lèvres un énorme fruit mûr, où se terre enfin le lombric irritable. Quand elle en vient à ce point de son récit, je gonfle aussi, Seigneur, immanquablement. Et mes expédients d’aujourd’hui, ridicules, ne m’ont pas garanti de l’émoi coupable. Bien au contraire. À peine prononcé les premiers mots de l’abominable litanie, j’ai senti la douleur de l’engorgement. Mes testicules ficelés se sont mis à battre comme deux coeurs comprimés, et plus ils battaient, plus ils enflaient, et ma verge, que je croyais muselée, s’est enflammée elle
aussi, j’en sentais la brûlure à chaque tour de chaînette dont je l’avais ceinturée, les maillons m’entraient dans la peau, dans la pulpe, même les liens de cuir noués à mes cuisses se tendaient, parce que, malgré ses barbelés, ma queue se levait, Seigneur, elle se levait en me terrorisant, en me ravageant d’une douleur infernale, et je me damnais à écouter la pécheresse en mal de confession, à l’entendre se plaindre de sa cuisante particularité, du palliatif qu’elle a inventé, et du plaisir paradoxal qu’elle prend à se tuméfier les babines, alors qu’elle ne cherche que l’anesthésie de son brandon indiscret… J’ai
vécu la même chose ce matin: ayant voulu mettre au cachot mes organes trop émotifs, je leur ai procuré un piment supplémentaire, qui n’a fait que porter leur exaspération à son paroxysme. En cédant brutalement, les maillons de la gourmette m’ont lacéré la peau, je suis désormais marqué au sceau de l’infamie, et des hiéroglyphes de sang racontent, sur toute la longueur de mon sexe, ma misérable défaite. Quant à mes couilles dilatées jusqu’à l’explosion, il a suffi que je jute sous ma soutane pour qu’elles oublient leur garrot… J’ai pensé, pardon mon Dieu, que vous m’enverriez votre pardon avec la délivrance… Oui, je sais, c’était gonflé.

Lire la suite...

Extrait du Roman "PRIAPEES" de Françoise REY et Patrick BARRIOT, recueil de 40 nouvelles érotiques - Paru chez TABOU EDITIONS

**************

Bien connue pour sa littérature érotique, Françoise Rey s’est associée à Patrick
Barriot pour réaliser un recueil d’écrits érotiques pas comme les autres car ce
livre est un « duel de plumes » : sur la base de 20 thèmes, chacun des deux auteurs
écrit une nouvelle (soit 40 textes au total !) qui, réunis dans un même ouvrage,
sont soumises au jugement de leur lectorat.

L'intérêt de cet ouvrage tient à l'association d'une grande romancière de l'érotisme
avec un nouvel auteur qui se prennent au jeu de l'incognito.


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Ajouter aux favoris

Ajoutez "Histoires Libertines" à la liste de vos sites favoris et découvrez à chaque visite de nouveaux récits érotiques. Pour cela, il vous suffit de cliquer ici.

Dédicaces video actrices X

Les actrices X aiment Histoires-libertines.com et le prouvent en video :

- Orphea Bell

- Jasmine Arabia