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Coralie (episode 2) PDF Imprimer Envoyer
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Récits erotiques - Entre Elles
Écrit par Arlequin 49   
Vendredi, 24 Février 2012 13:08

Je m’apprêtais à sortir pour faire un peu de shopping en ville, quand le téléphone sonna ; je supposais qu’il s’agissait de mon mari, en déplacement à l’étranger, aussi, je me précipitai pour répondre, trop heureuse d’avoir enfin de ses nouvelles.

- Bonjour Coralie !

La voix était bien trop féminine pour qu’elle soit celle de Pierre, mais elle résonna étrangement en moi car elle m’était resté familière, même après tout ce temps passé.

- Je suppose que tu ne vas pas me reconnaître ? Bien que la personne qui me parlait fût devenu un souvenir agréable, mais lointain, je n’eus aucune peine à mettre un prénom sur cette voix.

 

- Si, fis-je, même si j’ai beaucoup de mal à croire que c’est bien toi. Tu es Mélanie !

- Diable ! Heureusement que je n’ai pas parié ! Comment vas-tu ma chérie ? J’étais tellement abasourdie, que les mots se bousculèrent dans ma tête, m’empêchant d’aligner une phrase correcte.

- Bien, mais… comment… qu’est-ce que… toi… Où es-tu ?

Mélanie éclata de rire et je me sentis devenir stupide devant mon balbutiement.

- Eh bien ! Il semble que mon appel te perturbe !

- On le serait à moins, après tout ce temps écoulé.

- Peut-être que je te dérange ?

- Non, bien sûr que non ! Mais comment as-tu eu mon numéro ?

- Si nous parlions de tout ceci à vive voix, qu’en dis-tu ?

- Tu es à Lyon ?

- Oui, plus précisément au pied de ta résidence ! Je suis dans une grande Limousine blanche et je n’attends plus que tu descendes.

J’en croyais tellement peu mes oreilles, que je me demandai, un instant, si tout cela était bien réel.

- Tu es toujours là ?

- Oui. C’est juste que je suis un peu surprise… beaucoup, pour être très exacte. Je ne m’attendais vraiment pas à te revoir un jour et, en tout cas, pas ainsi.

- J’adore prendre les gens au dépourvu, me répondit-elle en riant. Continuons-nous à converser au téléphone, ou bien vas-tu te décider à descendre ?

- J’arrive ! La Limousine se trouvait bien là ; le chauffeur m’attendait auprès de la portière arrière, qu’il ouvrit aussitôt qu’il m’aperçut. Brusquement, en m’approchant de la voiture, je me sentis très intimidée, un sentiment qui s’envola dès que je vis Mélanie descendre de la Limousine et venir à ma rencontre avec un grand sourire aux lèvres.

- Je suis heureuse de te revoir, ma chérie, me dit-elle en me serrant dans ses bras, la voix légèrement tremblotante. Les années avaient eu une emprise vraiment bénéfique sur elle. Adolescente, elle était très belle ; aujourd’hui, elle était devenue une femme splendide, aux formes quasi parfaites, une femme de gout, à en juger le tailleur chic qu’elle portait.

- Moi aussi, répondis-je.

- Tu sais que tu es devenue une très belle femme ?

- Merci, mais j’en ai autant à ton service, si ce n’est plus. Mélanie planta son regard azur dans le mien, ce qui eut pour effet de faire naître un trouble indescriptible en moi. - Nous avons un tas de choses à nous raconter, n’est-ce pas ? De plus, tu dois m’en vouloir de ne t’avoir jamais donné de mes nouvelles. - Nous avon

s, chacune, suivi un chemin différent, répondis-je. Personne ne peut en vouloir à personne ; c’est la vie.

- Ne restons pas là. Avais-tu prévu de faire quelque chose en particulier aujourd’hui ?

- Non, pas vraiment. Faire les boutiques du centre-ville.

- Alors, allons-y ! Mélanie me fit passer devant et je m’installai dans la luxueuse Limousine, dont la banquette était faite dans un cuir très fin, très doux au toucher. Lorsque Mélanie monta à son tour, sa jupe glissa légèrement vers le haut, assez pour que je remarque qu’elle portait des bas et un porte-jarretelles. Elle n’avait donc pas changé ; déjà, lorsque je l’avais connue, elle affectionnait particulièrement la lingerie fine. Le chauffeur referma la portière et gagna sa place. Mélanie lui demanda de nous conduire en plein centre de Lyon, puis elle ferma la vitre électrique séparant notre habitacle de celui du conducteur.

- Tout va bien ? me demanda Mélanie.

 - Oui. Simplement, j’ai toujours du mal à croire que tu sois bien là, devant moi. Tant d’années se sont écoulés.

- Dix-sept ans, très exactement. C’est vrai que cela fait très long et beaucoup de choses à nous raconter. La Limousine démarra et prit aussitôt la direction du centre-ville. Même si j’avais un niveau de vie plutôt élevé, c’était la première fois que je partais faire du shopping dans une telle voiture ; je me serais presque crue dans un film.

- Te souviens-tu de la dernière fois où nous nous sommes vues ? Je me rappelais des moindres détails de notre dernière soirée passée ensemble, même si je n’osai l’avouer à Mélanie. Ne sachant trop à quoi elle faisait allusion, je décidai de rester évasive dans ma réponse.

- Encore une fois, ça remonte à loin. Je crois me souvenir que tu avais dû partir précipitamment, suite au décès de ton père. Mélanie me fixa intensément, comme si elle cherchait à lire dans mon esprit ; s’attendait-elle à une tout autre réponse ? Elle finit par esquisser un sourire, puis s’enfonça plus profond dans la banquette. Jambes croisées, elle dévoilait un galbe de jambes qu’un homme aurait trouvé très appétissants.

- C’est bien ça, finit-elle par me répondre. Je sais que j’aurais dû t’appeler, comme l’aurait sans doute fait une amie digne de ce nom, mais, après l’enterrement, les choses sont allées très vite, beaucoup trop vite. Le regard de Mélanie s’assombrit brutalement ; elle m’expliqua que, malgré son jeune âge, elle avait été obligée de rentrer de pleins pieds dans le monde des adultes, par n’importe quel monde : celui de la haute finance. Fille unique, sa mère étant décédée quelques années plus tôt, elle était devenue l’unique héritière d’un empire financier colossal, d’une fortune impressionnante, attirant de nombreuses convoitises. Elle me raconta que les débuts avaient été très chaotiques, qu’elle avait failli tout perdre lors d’une tentative d’OPA contre son entreprise. Ce ne fut que grâce à l’intervention, au dernier moment, du conseiller financier de feu son père, que l’OPA avait pu avorter et qu’elle ne s’était pas retrouvée ruinée.

- Edward, me dit-elle admirative, est un homme formidable ; sans lui, je ne sais pas où je serais aujourd’hui. J’ai fini par en tomber amoureuse et nous nous sommes mariés. Mélanie m’expliqua que leur union avait suscité beaucoup de messes basses, Edward ayant 16 ans de plus qu’elle. Mais elle estimait qu’ils formaient le couple idéal : il avait l’expérience qu’il lui manquait dans la finance et elle avait ses atouts de femme pour faire plier certains investisseurs récalcitrants. Je me demandais ce qu’elle entendait par là.

- Tu as des enfants ? demandai-je.

- Non, répondit-elle en riant. Edward est sans doute trop vieux pour cela… Quant à moi, je ne me sens pas assez vieille ! De plus, lui et moi sommes un couple très libéré, libertin. - Libertin ?

- Oui, il nous arrive, l’un et l’autre, d’avoir des aventures avec d’autres partenaires. Nous fréquentons des clubs échangistes ; nous organisons même des soirées à thèmes chez nous ! Mélanie partit dans un grand éclat de rire en voyant l’expression de mon visage. Je n’étais pas spécialement choquée, mais plutôt surprise que ce style de vie puisse réellement exister en dehors des films ou livres classés X.

- Il est déjà presque midi, fit Mélanie en regardant sa montre. Que dirais-tu de déjeuner avant d’aller faire ton shopping ? C’est moi qui invite !

- Cela me gêne un peu.

- Donc, c’est décidé !

Mélanie appuya sur le bouton d’un petit interphone et donna une adresse à son chauffeur. Après quelques minutes où Mélanie m’en dit un peu plus sur sa vie de couple, la Limousine s’arrêta et le chauffeur vint nous ouvrir la portière. En voyant le restaurant, ma gêne augmenta un peu plus ; je n’avais jamais encore eu l’occasion de venir y manger, mais je savais que c’était un restaurant très select ; si Mélanie portait un tailleur d’un grand couturier, j’allais faire tâche, dans le décor, avec ma petite robe à fleur !

- Ne t’inquiète pas, me dit Mélanie qui semblait avoir compris le cheminement de mes pensées, tu es mon invitée ; personne ne portera de jugement sur ta tenue vestimentaire. Comme si elle souhaitait faire, elle-même, plus négligée, elle défit le chignon qui maintenait ses cheveux, les laissant retomber en dessous de ses épaules ; les rayons du soleil semblèrent les rendre subitement plus blonds encore. Pour le côté négligé, c’était raté : Mélanie était d’une grande classe, jusque dans sa démarche qui semblait aérienne. A l’entrée du restaurant, nous fûmes accueillies par une hôtesse qui, après avoir salué Mélanie, fit appeler un serveur pour nous conduire à une table ; curieusement, il me sembla que l’hôtesse avait appelé mon amie par un autre prénom que je n’avais pas bien entendu ; je n’y prêtai pas plus d’importance. Une fois installées, Mélanie m’apprit qu’elle avait acheté une villa, à une vingtaine de kilomètres de Lyon, où elle venait séjourner régulièrement, pour faire une pause dans ses affaires. Elle me raconta qu’elle avait longtemps cherché à me retrouver, fouillant les pages blanches, essayant les réseaux sociaux du Net, mais sans le moindre succès.

- Non seulement je suis sur liste rouge, lui dis-je, mais, de plus, moi aussi je me suis mariée ; je ne porte plus non nom de jeune fille. Quant aux réseaux sociaux, je dois t’avouer que je ne suis pas une pro de l’internet ! Comment as-tu finalement réussi à me retrouver ?

- Grace à ton mari !

- Pierre ? Alors qu’elle avait abandonné quasiment tout espoir, Mélanie m’expliqua qu’elle était tombée, tout à fait par hasard, sur un article de journal où figurait une photo de moi, aux côtés de mon mari ; c’est ainsi qu’elle avait pris connaissance de mon nouveau nom de famille.

- Et pour le numéro de téléphone ?

- Rappelles-toi ce que je t’ai dit dans la voiture : mon mari et moi organisons des soirées ; c’est au cours de l’une d’elle, que j’ai rencontré une personne te connaissant ! Je fouillais dans ma tête, recherchant qui, parmi nos amis, pouvait bien s’adonner au libertinage. Le serveur refit son apparition, posa deux coupes de champagne devant nous et sortit son calepin pour prendre la commande ; c’est à ce moment, que je réalisai que je n’avais pas encore consulté la carte des plats. -

 Mettez-nous, à toutes deux, ce que je prends habituellement, fit Mélanie.

- Très bien, madame. Dois-je vous mettre aussi un Bourgogne rosé comme vin ?

- Non, nous allons continuer au champagne. Donnez-nous votre meilleur cru ; nous célébrons des retrouvailles.

- Vous pouvez compter sur moi, madame. Le serveur s’éclipsa et Mélanie saisie sa coupe et la souleva devant moi.

- Trinquons à notre amitié. Nous trinquâmes joyeusement, puis Mélanie me demanda de lui parler de mes dix-sept dernières années. Je n’avais pas grand-chose de très excitants à raconter. Après avoir obtenue un Master en Sciences Politiques, j’avais erré, quelques temps, dans les hautes sphères d’un grand parti politique, avant de rencontrer Pierre et de l’épouser un an plus tard. Ma vie de couple était tout ce qu’il y a de plus banale, très nettement moins délurée que celle de Mélanie, et j’étais très heureuse, même si, dues à ses obligations professionnelles, Pierre s’absentait régulièrement pour des séjours à l’étranger.

- Tu continues à travailler dans la politique ?

- Non, Pierre gagne nettement assez d’argent pour nous faire vivre, aussi, je suis devenue une parfaite femme au foyer !

- Eh bien, fit Mélanie sur un ton navré, je n’aurais jamais imaginé que ta vie tourne ainsi !

- Mais je suis très heureuse ainsi ! répondis-je quelque peu véxée. Après le repas, fort copieux, Mélanie m’accompagna pour faire quelques boutiques. Malgré la chaleur, la marche me fit un grand bien car le champagne me montait légèrement à la tête. Elle ria beaucoup quant à mes choix vestimentaires, n’hésitant pas, par moment, à se moquer gentiment de moi. Mais, je devais reconnaître que je me sentais bien avec elle ; j’avais totalement retrouvé mon amie d’adolescence, ma confidente. Je ne m’en étais pas rendue compte jusqu’à ce jour, mais elle m’avait manqué. L’après-midi passa vite, trop vite. Alors que nous étions sur le chemin de retour vers ma résidence, je proposai à Mélanie de rester à dîner, mais elle avait déjà quelque chose de prévu pour sa soirée.

- Quand ton mari rentre-t-il ? me demanda-t-elle.

- En début de semaine prochaine.

- Donc, ce week-end tu es seule ?

- Oui. - As-tu quelque chose à faire de particulier ?

- Non, je suis libre comme l’air !

- Que dirais-tu de venir à l’une de mes soirées ?

- Une de tes soirées ? Tu veux dire, une de tes soirées libertines ?

- C’est bien ça, répondit Mélanie en posant une main sur mon genou. Le contact me fit tressaillir, ce qui ne sembla pas la perturber ; bien au contraire, sa main commença à remonter, lentement, le long de ma cuisse, disparaissant sous ma robe. Je jetais un regard sur la vitre noire qui nous séparait de notre chauffeur, me demandant s’il pouvait nous voir.

- Un peu plus tôt, quand je t’ai demandé si tu te souvenais de la dernière fois que nous nous sommes vues, mon départ est-il la seule chose que ta mémoire a conservée ? La main se posa sur le fin tissu de ma petite culotte ; une foule de sentiments confus assaillirent mon esprit ; des frissons me parcoururent tout le corps. Je m’enfonçais un peu plus sur la banquette, fermant les yeux et ouvrant un peu plus mes jambes.

- Non, murmurai-je, ce n’est pas la seule chose. La main se fraya un chemin sous le frêle rempart et commença à me caresser tendrement mon clitoris. - J’organise une soirée, samedi. Je voudrais que tu viennes, pas pour participer, simplement pour regarder, pour découvrir mon monde. Qui sait : peut-être l’aimeras-tu autant que tu as aimé cette fameuse nuit ? Deux doigts emprisonnèrent mon bouton devenu très gros, jouant avec lui, faisant naître une douce chaleur au creux de mon ventre. Je me mis à onduler des hanches, dans un rythme dont je n’avais pas le contrôle. Je me souvins de la jouissance que Mélanie avait su me procurer, dix-sept ans plus tôt, un orgasme que je n’avais plus jamais connu depuis lors, même si Pierre était un bon amant. Les doigts abandonnèrent mon clitoris, pour se présenter à l’entrée de ma vulve ; je ne pus retenir un gémissement lorsqu’ils me pénétrèrent ; la chaleur bienfaisante se fit de plus en plus précise ; mon souffle devint court.

- Viens en toute tranquillité, poursuivit Mélanie. Je ne te ferais rien faire qui puisse te choquer ou te blesser. Tu me fais confiance, n’est-ce pas ? - Oui, répondis-je dans un râle. J’étais au bord de l’explosion, lorsque la voiture s’arrêta. Mélanie retira aussitôt sa main, me laissant dans un état second, quelque peu frustrée.

- Tu es arrivée chez toi, me dit-elle avec un petit sourire. Puis-je compter sur ta présence samedi ?

- Je ne sais pas… Comment dois-je m’habiller ?

- Viens comme tu le sens. Encore une fois, tu seras spectatrice, rien de plus… sauf si tu en décides autrement, bien entendu.

- Je ne sais même pas où c’est, chez toi. - Mon chauffeur passera te prendre, à 19 heures précises. Il t’attendra dix minutes, pas une de plus. Cela te laisse le temps de la réflexion. Le chauffeur ouvrit la portière ; avant que je ne descende de la Limousine, Mélanie déposa un baiser sur le coin de mes lèvres.

- Une dernière chose que tu dois savoir. Pour des raisons que tu comprendras certainement, je suis toujours masquée au cours de ces soirées ; très peu de personnes savent qui je suis réellement, comment je me prénomme. Si tu viens, tu ne devras pas prononcer mon véritable prénom.

- Comment dois-je t’appeler ?

- Titia !

 

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